Fistula Clinic et ses partenaires plus qu’engagés pour l’élimination de la fistule obstétricale d’ici 2030

Fistula Clinic et ses partenaires plus qu’engagés pour l’élimination de la fistule obstétricale d’ici 2030

(Par Belinda Idiakamba)

Elles ont répondues nombreuses à l’invitation leur lancée par Fistula Clinic et ses partenaires pour commémorer la journée internationale du 23 mai, célébrée contre la fistule obstétricale. Ce sont ces femmes guéries qui après avoir partagé leurs expériences douloureuses avec l’assistance, ont lancé un message fort aux partenaires et aux patientes qui en souffrent encore, afin qu’on ne parle plus de cette maladie après 2030.

Cette année, les partenaires de Fistula Clinic, particulièrement Engenderhearlth, à travers son projet Momentum, a voulu commémorer autrement, cette journée dédiée aux réflexions sur la lutte contre la fistule obstétricale. « Réunir les femmes guéries de cette maladie, partager leurs expériences douloureuses, identifier les défis à relever et encourager les partenaires à faire encore plus ».

 

Tout en remerciant les partenaires qui mettent des moyens pour solutionner ce fléau, la plus part de ces femmes, toutes joyeuses et sourires aux lèvres, ont partagé leurs expériences douloureuses avec émotion, devant une assistance émue, avant de demander aux partenaires de ne pas baisser les bras et de faire davantage.

 

« Voir ces femmes guéries », est un honneur pour le Dr Nembunzu Dolorès, l’une des rares réparatrices des femmes porteuses des fistules obstétricales en Afrique centrale et responsable de Fistula Clinic de l’hôpital Saint Joseph de Kinshasa.

 

Pour cette dame au grand cœur, que les patientes appellent affectueusement « maman », cette année, Fistula Clinic grâce à l’appui des partenaires, a déjà atteint « 40 interventions chirurgicales de la fistule obstétricale sur les 150 femmes qu’il compte opérer gratuitement cette année à travers le pays », a-t-elle indiquée. La plupart de ces femmes qui viennent du Congo profond, n’ont pas de moyen pour se déplacer. Il faut une action d’envergure qui appelle un déploiement à travers la république.

 

Les statistiques du ministère de la santé présentées à cette occasion, montrent qu’en 2022, la RD Congo a enregistrée plus de 3000 cas des fistules obstétricales. Malgré l’implication des partenaires de Fistula Clinic, Engenderhealth, l’un de ses grands partenaires, ne ménage aucun effort à travers son projet Usaid momentum pour soutenir cette structure réparatrice de la fistule obstétricale, mais le travail est encore énorme. Ce qui justifie le choix du thème de cette journée commémorative de la fistule obstétricale cette année : « 20 ans après : des progrès, mais pas assez ! Agissez maintenant pour mettre fin à la fistule d’ici 2030 ». Un thème « encourageant, incitatif », soutenu par le représentant pays d’Engenderhearth, Jean Lambert Chalachala, qui encourage et invite les différents partenaires à fournir plus d’effort pour y arriver.

Défis à relever pour l’atteinte de l’objectif 2030

À en croire le Dr Nembunzu, pour réduire sensiblement le nombre des femmes porteuses de la fistule et éradiquer cette maladie en RD Congo, plusieurs défis sont à relever dont la prise de conscience sur « la démographie galopante, la formation du personnel soignant et le comportement que devra avoir la communauté vis-à-vis de l’accouchement ». Les différentes matinées de sensibilisation qu’organise Fistula Clinic, entrent dans le cadre de cette vision. Elles passent par la prévention, le traitement et la réinsertion sociale des survivantes.

 

Engenderhealth/Usaid, y travaille dans la prévention de cette affection en contribuant à la formation des chirurgiens pour une bonne pratique de la césarienne et la formation sur la chirurgie de la fistule. Son projet Usaid momentum apporte également des équipements nécessaires pour réaliser des césariennes et autres chirurgies de la femme.

 

En République Démocratique du Congo, trois hôpitaux sont bénéficiaires de ce projet. Il s’agit de l’hôpital Saint Joseph à Kinshasa, l’hôpital de Panzi à Bukavu et l’hôpital Heal Africa de Goma. Lili Mokako, représentante du programme nationale de la santé de la reproduction, reconnaît les efforts fournis dans ce domaine mais émet le vœu de « voir plus des réparateurs de la fistule » sur toute l’étendue du territoire nationale.

 

On retiendra que la fistule obstétricale est une perforation entre le vagin et la vessie et/ou le rectum, due à un travail (accouchement) prolongé ou obstrué sans accès à un traitement médical rapide et de qualité. Elle provoque chez les femmes et les jeunes filles des fuites d’urine, de matière fécale ou les deux à la fois et entraîne souvent des problèmes médicaux.

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