Cour des comptes-Kinshasa : Des Communes de la ville province sous l’Audit de la Cour des comptes

Cour des comptes-Kinshasa : Des Communes de la ville province sous l'Audit de la Cour des comptes

La commune de la Gombe et celle de Limete, sont les deux municipalités pilotes de la ville de Kinshasa où la Cour des comptes a déployé il y’a deux semaines déjà, ses inspecteurs pour un audit de vingt jours sur la gestion des finances communales.

 

Pour s’enquérir de l’évolution du travail des auditeurs sur le terrain, le Premier président de la Cour des comptes, Jimmy Munganga Ngwaka, s’y est personnellement rendu vendredi 25 septembre dans la commune de la Gombe et celle de Limete, a-t-il dit, pour s’enquérir personnellement de l’état d’avancement des travaux et de rappeler la portée de cette démarche en matière de contrôle des finances publiques et de renforcement de la culture de redevabilité.

 

À la Gombe tout comme à Limete, quand la presse lui tend le micro, le Premier président de la Cour des comptes, Jimmy Munganga Ngwaka, déclara en confirmant son rôle : “nous sommes la Cour des comptes, nous avons comme mission, de contrôler la gestion des finances publiques. Notre équipe est bien là. Elle a été bien reçue par ces communes et a effectivement commencé à faire son travail.

 

Pour l’instant, nous ne pouvons tirer aucune conclusion. Celles-ci ne viendront qu’au terme des travaux des auditeurs et sur base des éléments qui sont recueillis et analysés par eux et eux seuls”.

Devoir de recevabilité

Devant ses interlocuteurs, Jimmy Munganga a insisté sur la nécessité d’instaurer une culture de redevabilité chez tous les gestionnaires des finances publiques. L’absence de reddition régulière des comptes peut comporter des risques d’irrégularités et de mauvaise gestion. Et la Cour des comptes entend donc, à travers cette mission, sensibiliser les gestionnaires publics à leurs obligations tout en exerçant ses prérogatives de contrôle.

 

Il l’a fait observer aux autorités communales. “Lorsqu’on gère, on est appelé à rendre compte”, a-t-il souligné, ajoutant qu’en cas de mauvaise gestion, les mécanismes institutionnels prévus par la loi peuvent s’appliquer, à l’instar de contrôle qui est à la fois un mécanisme de vérification et un instrument permettant de rappeler aux gestionnaires leurs obligations.

 

La dynamique des contrôles déjà entamés au niveau du pouvoir central et provincial, est appelée à toucher davantage les Entités territoriales décentralisées.

 

“Nous avons commencé au niveau du pouvoir central, au niveau des provinces et nous étendons le même travail au niveau des Entités territoriales décentralisées”, s’est déclaré le Premier président, visiblement déterminer à jouer à son rôle. Cette orientation traduit la volonté de rapprocher davantage les mécanismes de contrôle des différents niveaux où sont gérées les ressources publiques.

Dans la pratique

Pour conduire ses travaux, la Cour des comptes élabore un plan d’audit définissant notamment les objectifs poursuivis, les critères d’évaluation et les diligences à effectuer. Dans le cas précis des communes de la Gombe et de Limete, l’accent est d’abord mis sur les recettes recouvrées et leur utilisation.

 

Interrogé sur les modalités pratiques de la mission, Jimmy Munganga a précisé que l’audit actuellement réalisé dans les communes avait une portée ciblée. La Cour entend notamment obtenir les statistiques relatives aux recettes mobilisées par les communes. Ces données seront ensuite rapprochées des différents actes générateurs de recettes, afin de déterminer notamment si les différentes possibilités de mobilisation des ressources ont été effectivement activées. Lorsque certains actes générateurs n’auraient pas été activés, les auditeurs chercheront à comprendre les raisons de cette situation.

 

La seconde dimension du contrôle porte sur l’utilisation des recettes effectivement recouvrées. Cette approche permettra à la Cour de vérifier la destination donnée aux ressources mobilisées et, le cas échéant, d’identifier d’éventuelles difficultés ou irrégularités nécessitant des explications. Un audit qui pourrait être suivi d’un contrôle plus approfondi.

 

Le Premier président a toutefois précisé que le contrôle actuellement mené ne constitue pas encore un audit complet de la gestion des communes. Il s’agit d’une première étape centrée principalement sur les recettes et leur utilisation. Un contrôle plus approfondi pourrait intervenir ultérieurement.

 

Celui-ci pourrait notamment porter sur la reddition des comptes, les budgets sectoriels, les prévisions budgétaires, leur exécution ainsi que les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des autorisations budgétaires.

 

“Il ne s’agit pas d’un audit très élargi parce que nous reviendrons plus tard pour faire un audit complet”, a-t-il expliqué. Cette démarche progressive devrait permettre à la Cour des comptes de disposer d’une vision plus complète de la gestion financière des entités concernées.

 

À terme, les constats établis pourraient, en fonction de leur nature et des procédures applicables, conduire à des recommandations ou à l’engagement des responsabilités prévues par les textes.

Des bougmestres en profitent...

Le bourgmestre Manzambi Tuluka Léopold et Nathalie Alamba Liwoza Feza, respectivement de la Gombe et de Limete, qui disent attendre les conclusions du travail des missionnaires de la Cour des comptes, ont fini par dissiper les inquiétudes qui les animaient à première vue de cette mission.

 

“Comprenez les interrogations que peut susciter chez un gestionnaire public, l’arrivée d’une mission de contrôle. Nous avons initialement éprouvé certaines inquiétudes avant de constater que l’équipe d’audit intervenait dans le cadre d’un programme de travail clairement défini. La présentation du calendrier et de l’objet de la mission nous a permis de mieux comprendre la démarche de la Cour”, a indiqué la Bourgmestre de Limete, précisant que cette mission représente également une occasion de remettre certaines pratiques administratives à niveau, une forme de rappel à l’ordre professionnel et de motivation pour les différents services de la commune. Selon elle, les chefs de services et les agents concernés sont mobilisés pour collaborer aux travaux de la mission.

 

Cette visite du Premier président de la Cour des comptes était une occasion offerte aux Bourgmestres d’égrainer le chapelet des problèmes auxquels ils font face dans la gestion quotidienne de leurs municipalités dans l’espoir qu’ils soient auprès des autorités compétentes.

 

Pour l’instant, Jimmy Munganga n’a pas souhaité tirer de conclusion anticipée sur ces missions. Seuls leurs résultats permettront de déterminer les éventuelles irrégularités constatées, les explications à recueillir ainsi que les suites à donner, dans le respect bien entendu des procédures applicables.

 

La visite du Premier président aura été une étape de suivi et d’encadrement d’une mission déjà engagée sur le terrain dans ces deux communes Kinoises, avec comme perspective, de l’étendre dans toutes les communes de la ville Province. https://intercongomedia.net/grace-bilolo-et-la-cour-des-comptes-une-histoire-de-gros-sous-qui-defraie-la-chronique-au-congo-a-la-barre/

Icm

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *