Au Nord-Kivu, malgré les bruits des bottes et la crise humanitaire, Lubero-centre et Magheria se réunissent autour de la culture du blé pour assurer leur sécurité alimentaire

Au Nord-Kivu, malgré les bruits des bottes et la crise humanitaire, Lubero-centre et Magheria se réunissent autour de la culture du blé pour assurer leur sécurité alimentaire

À Lubero, territoire de la Province du Nord-Kivu à l’est de la République démocratique du Congo, les bruits des bottes sont loin d’effrayer les populations de ce territoire qui vivent essentiellement des produits champêtres. Depuis fin janvier, le consortium composé de l’Institut Africain de Leadership Agricole (AALI), de l’Institut International d’Agriculture Tropicale (IITA) et de la Fondation Virunga, qui encadre les petits producteurs locaux, procède depuis, à la récolte du blé, malgré la situation sécuritaire instable que connaît cette région du Congo.

 

“Oui, les populations de Lubero-centre, sont partagées entre démonstrations pratiques, récolte participative et innovation agricole, et vivent une expérience historique qui confirme que le blé est désormais une réalité durable au Nord-Kivu, grâce à l’engagement du consortium AALI–IITA–Fondation Virunga”, confirme Aaron Basimarha, de estnews.infos.

 

Entre le consortium et les agriculteurs du Nord-Kivu, dit-il, il y’a une véritable complicité dans l’apprentissage, le partage d’expériences qui fait renaître de l’espoir dans le chef des petits producteurs locaux de blé.

 

D’après le consortium, cette activité agricole a permis aux agriculteurs de vivre directement sur le terrain, les fruits concrets d’une approche agricole inclusive, innovante et durable. Les champs de sélection participative des variétés (PVS), ont été mis en lumière comme un “levier stratégique pour le développement durable de la filière blé, aussi bien à Lubero-centre, qu’à la localité de Magheria et dans l’ensemble de la province du Nord-Kivu. L’approche place les producteurs au centre du processus d’innovation agricole et grâce à la PVS, les agriculteurs locaux participent activement au choix des variétés de blé les mieux adaptées à leurs sols, aux conditions climatiques locales et à leurs réalités socio-économiques.

 

La démarche ainsi appliquée, renforce l’autonomie de petits producteurs agricoles, améliore leurs rendements et garantit une production de qualité, tout en rendant la culture du blé plus résiliente face aux défis climatiques.

 

Récolter et conserver

Suite à une expérimentation de la petite mécanisation à travers une batteuse de blé, de nombreux producteurs locaux de blé, arrivent à manipuler et à tester pour la première fois la machine. Sur place, le résultat est encourageant. Ils prennent l’engagement ferme de produire encore davantage lors des prochaines saison agricoles, convaincus que le blé représente désormais une opportunité réelle de sécurité alimentaire et de développement économique local.

 

“Nous saluons unanimement la petite mécanisation pour sa capacité à réduire le travail manuel, à améliorer la qualité du battage et à accroître l’efficacité de la transformation du blé”, se réjouissent les petits producteurs locaux du blé de Lubero-Centre, exprimant ainsi leur profonde reconnaissance aux ingénieurs agronomes du consortium, tout en les félicitant “chaleureusement” pour leur engagement constant aux côtés du monde paysan.

 

Récolter est une étape, mais conserver en est une autre. Pour permettre aux agriculteurs de mieux préserver la valeur nutritionnelle et économique du blé après sa récolte, les ingénieurs agronomes du consortium, procèdent à des démonstrations pratiques sur les techniques de conservation.

 

“Effectivement nous leur donnons des conseils pratiques visant à réduire les pertes post-récolte, qui est un enjeu majeur pour les petits producteurs”, indiquent les ingénieurs.

Une mobilisation communautaire autour du blé

De Lubero-centre à la localité de Magheria, l’adhésion au projet du consortium, est grande. Les autorités territoriales estimant que la cohérence de l’initiative, va de pair avec la vision nationale de développement agricole.

 

“Je remercie le consortium AALI, IITA et la Fondation Virunga pour avoir matérialisé cette vision au bénéfice direct des communautés. J’invite toute la population de ma juridiction à cultiver le blé, afin de réduire la dépendance alimentaire”, a déclaré l’ingénieur agronome Hangi Tembo Masinda, inspecteur territorial de l’Agriculture de Lubero, qui participait fin janvier, à la deuxième journée de mobilisation communautaire autour du blé, organisée dans la localité de Magheria.

 

À en croire les uns et les autres, l’agriculture locale du Nord-Kivu, se modernise petit-à-petit, “sans perdre son âme”, et le blé de Lubero s’impose comme un véritable moteur de résilience et d’espoir pour cette région en particulier et le Congo en général, dans le cadre du Couloir Vert Kivu-Kinshasa.

Willy Bwiti, Icm et Aaron Basimarha, estnews.infos.

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